Démocratie

Les dispositifs de concertation publique qui ont eu lieu jusqu’à présent (en 2015 et 2021) ne sont que consultatifs, et ne permettent nullement de faire entendre une voix d’opposition, pas plus que d’envisager des alternatives[1]Bilan de concertation 2021 : https://smmag.fr/wp-content/uploads/2022/04/transport-par-cable-bilan_de_concertation.pdf. Le projet de Métrocâble a clairement été décidé indépendamment des habitant-e-s des zones concernées : à Sassenage si un semblant de concertation a eu lieu à l’Argentière (au dépôt de la TAG), il n’en est rien pour la Saulée, où l’avis des habitant-e-s n’a pas été sollicité. Le projet a par ailleurs connu des modifications (sous-estimation du coût au départ, puis changement du temps prévisionnel) pendant le déroulement des consultations. Enfin, aucune enquête sérieuse qui permettrait de justifier un tel projet n’a été menée.

Le dispositif d’enquête publique attaché au projet de Métrocâble doit se dérouler à l’automne 2022[2]JT TéléGrenoble du 28 mars 2022 : https://www.dailymotion.com/video/x89g54g. Le début des travaux est prévu pour le début d’année 2023. Ce délai très court montre le peu de considération portée par les aménageurs à l’avis des publics. De plus, dans la mesure où Grenoble-Alpes Métropole financerait à hauteur de 10 millions (M) d’euros le projet[3]Rapport de la Cour des comptes sur le SMAAG (2021) : https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2021-12/ARA202153.pdf, ne serait-ce pas légitime d’étendre les contours géographiques de l’enquête plus largement dans la Métropole plutôt que de les limiter aux minimum de personnes qui bénéficieront du service ?

L’ampleur de la somme mise en jeu pour la construction du câble pose en elle-même question. Toujours d’après le rapport de la Cour des Comptes, seuls 20M ont été levés (financements de l’Europe, l’État, la Région et Grenoble-Alpes Métropole) sur les quelques 80M. Il y a un risque réel d’endettement à long terme des communes qui seront contraintes de payer cher un équipement non-essentiel, au profit d’entreprises privées qui réalisent les travaux et l’entretien. Cela ne fait que renforcer la course au développement économique des territoires, au détriment d’autres politiques publiques essentielles (culturelles, sociales, sanitaires…).

Références